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The Rapture - Interview le 23/02/2007 (Lyon - Ninkasi)
dimanche 4 mars 2007 / 14:01
Le groupe New Yorkais « the Rapture » arrivent tout droit de Paris où ils se produisaient la veille en concert. Luke Jenner, guitariste et chanteur à l’origine de la formation, nous reçoit dans les loges du Ninkasi Kao, où ils se produiront ce soir, pour une petite discussion…
ZYVA : Salut, merci de nous recevoir, t'as l'air un peu fatigué ...
Luke : Oui, je me suis levé tôt pour jouer à Warcraft (rire), j'ai joué toute la journée. Z : Ok, ça fait longtemps que tu joues ?
L : Non en fait, je ne jouais plus depuis un moment, mais là j'ai arrêté de boire, donc je compense, je fais quelque chose d'autre à la place.
Z : Plus de drogues ?
L : Plus trop maintenant, ça m'ennuie vite, ça évolue peu, c'est le contraire de la musique, la musique évolue tout le temps.
Z : Mais quand tu parles de musique, tu évoques ton groupe ou la musique en générale?
L : Eh bien il n'y a qu'un certain nombre de drogues, alors qu'il existe plusieurs styles de musiques (rire).
Z : En parlant d'évolution, plusieurs personnes ont participés à votre dernier opus ...Comment vous êtes vous rencontrés?
L : Eh bien, c'est mieux quand c'est la personne qui vient à notre rencontre pour travailler avec nous. Généralement les gars des Labels s'écoutent entre eux et je pense que c'est important que le gars fasse la démarche de venir parce qu'il a vraiment envie de bosser avec nous. Comme par exemple pour Danger Mouse : j'aime bien ce que tu fais, moi aussi et voilà. Je ne pense pas non plus que l'on puisse changer les gens, alors chacun fait ce qu'il a à faire, ils sont libres de faire ce qu'ils veulent.
Z : Il ya en a d'autres comme Paul Epworth…
L : Oui Paul est un ami, il s'occupait de notre son sur Londres, il a fait quelques remixes pour nous et fait aussi parti de ces personnes qui voulaient travailler avec nous. On a rencontré beaucoup de gens mais, ...on a rencontré Timbaland , les Neptunes , et bien d'autres. Et c'est bien compliqué de bosser avec eux...
Z : Ah oui..?
L : Oui ils sont comme des superstars, plus célèbres que nous, donc c'est dur de euh ...pour Timbaland par exemple, c'était de l'ordre du financier, c'est genre on aime ce que tu fais mais on avait le budget pour faire que deux chansons, donc on s'est dit que l'on aurait peut-être d'autres occasions de bosser ensemble. Par contre pour Danger Mouse c'était plus, je ne sais pas ce que je peux vous apporter, mais je serai là tu sais : tu vois la différence (rire)
Z : C'est important pour vous d'évoluer, d'être novateur ?
L : On essaie de faire un disque pour danser, et je crois que d'avoir des guitares c'était novateur, je crois que "House of a jealous Lovers" est un bon album, et ça n'a plus rien à voir avec ce que l'on faisait avant ce qui est bien aussi, tu ne peux pas vraiment prévoir ces choses là. Tu sais, on écoutait de la musique House de Chicago et on s'est identifié à certains morceaux, et ...pour ma part, je pense que l'on est parti de là, pour créer un album avec ce type de sonorités mais en fait, ça ne ressemble pas à ça (rire). A cette époque, il ne se passait pas grande chose, il n'y avait que des DJs à New York, et euh .., l'Indie Rock était devenu ennuyeux, la Dance music aussi, il y avait beaucoup de merde en musique quoi et, oui, je pense que beaucoup ont été content de trouver une solution alternative.
Z : Il y a une scène pour la musique que vous faites à New York....
L : Oui c'est international même si ce n'est pas non plus une grosse scène, ce n'est pas comme à Mexico city ou au Japon, comme en Australie aussi, où là aussi on a rencontré des gens qui s'intéressent à ce style de musique. Je pense que depuis cinq ans ça a émergé, une sorte de phénomène culturel.
Z : Et pour les prochains mois au programme, une longue tournée…
L : Oui comme on vient de sortir un album, donc oui, une grande tournée, mais on a aussi des pauses. On ne va pas faire une tournée pendant une année entière, on rentre aussi chez nous de temps en temps. Ce n'est pas comme Metallica qui bosse avec 200 personnes, nous, on est juste trois à gérer tout ça. (rire)
Z : Donc vous arrivez aussi à avoir une vie privée.
L : Oui, on en profite pour jouer aux jeux vidéo (rire) et, j'ai un petit garçon, je passe beaucoup de temps avec lui quand je rentre chez moi…
Z : Quel âge a-t-il ?
L : Oh, il a tout juste huit mois, donc c'est nouveau pour moi, c'est assez existant, tu vois les choses autrement, c'est une autre perspective, ça te change les idées. Vous avez des enfants ?
Z : Non pas encore, ça viendra peut être plus tard (rire), tu as quel âge ?
L : 31 ans.
Z : Et ça fera bientôt 10 ans que vous avez créé « The Rapture »…
L : Et on y pense pas mal d'ailleurs en ce moment…
Z : …Vraiment, vous voulez faire quelque chose de spécial pour l'occasion ?
L : Et bien, je ne sais pas, ça fait 10 ans pour Vito et moi mais pas pour Gabriel ou Mat . Nous deux avons une autre façon de voir le groupe et son évolution, les deux autres sont arrivés après et puis, le temps passe et leurs idées deviennent de plus en plus importantes pour construire notre musique ensemble. Je pense surtout au dernier album où nous avons tous participés. Dans certains groupes, il y a un leader et le groupe c'est le leader avant tout : on a fait une tournée avec « The Cure », et Robert Smith « est » le groupe, c'est lui qui prend toutes les décisions, il dirige et oriente tout le monde autour de lui et pour tout. Je pense que l'on est exactement à l'opposé de tout cela...
Z : Un esprit collectif ?
L : Oui, et je crois que tu dois vite te fatiguer à tout faire dans un groupe (rire) …
Z : Et c'est chiant…
L : Oui ça devient chiant, bon si je reprend mon exemple de Robert Smith , je pense qu'il fait tout cela avec amour mais en ce qui nous concerne, c'est bien que Mat ou Gab viennent nous dire là j'ai trouvé un truc sympa, pour moi ça apporte un bol d'air frais.
Z : Alors vous privilégiez le groupe, pas de projets solos ?
L : Euh... ben je ne sais pas, on me le dit souvent mais je ne crois pas aux projets solos. On me dit de venir chanter sur un titre ou de jouer de la guitare mais je préfère trouver le bonheur dans le groupe et puis si tu choisis de travailler en dehors du groupe, tu ne peux plus consacrer le même temps à ton travail avec le groupe, c'est peut-être même trop facile de faire un projet solo (rire). C'est comme les chanteurs qui se lancent dans des projets solos et qui ont des voix très particulières, mais ça ne change pas grand-chose. C'est très différent pour eux, mais finalement ça ressemble à ce qu'ils faisaient avant.
Z : Un peu comme Billy Corgan, par exemple ?
L : Oui, c'est un très bon exemple. On peut se demander : En quoi son projet solo (Swan) se diffère de ce qu'il a fait avec les Smashing Pumpkins. Bon, c'est différent, mais ce n'est pas si différent. Pour lui, c'est genre, c'est totalement différent.
Z : Votre formation c'est plus une famille…
L : Oui, je crois que la plus part des artistes rejoignent un groupe parce qu'ils viennent de familles brisées donc ils cherchent une sorte de famille dans leur groupe. Mais ils font vite la même merde, ils jouent le rôle du « trou du cul » de père. Mais on essaie de ne pas ressembler à ce genre de famille, et c'est dur parce que tu ne peux pas vraiment changer.
Z : Tu crois vraiment ?
L : Oui moi je n'ai pas changé.
Z : Mais tu as arrêté la bière…
L : Oui, j'ai pris l'habitude de boire un canon avant les concerts, avant c'était plutôt une dizaine… (Rire)
Z : Tu ne fumes pas ?
L : Non, je pense que les gens qui fument ont souvent des parents qui fument aussi. Mes parents ne fument pas, je n'ai jamais vraiment voulu.
Z : Et puis ça serai mauvais pour ta voix, tu l'entretiens ?
L : Non, je n'ai jamais eu de problèmes avec ma voix. Certaines personnes te disent de boire du thé avec du miel, ce genre de connerie, ça ne marche pas pour moi (rire).
Z : Tu peux nous évoquer le Label DFA ?
L : Oui, je suis vraiment très fier de DFA, mais il n'existait pas avant notre intervention, et ça a pris beaucoup de temps pour faire tout cela, le premier album à mis trois ans avant d'être fini et on l'a crée ensemble. Je suis vraiment content. Il y a aussi un gros travail de production, LCD Sound system est avant tout le projet de James Murphy, et d'ailleurs on est toujours bon pote.
Z : Alors pourquoi avoir changer de Label ?
L : Et bien, au départ on devait sortir l'album sur DFA, mais on aurait eu une moins bonne distribution. Le problème était que … quand « The house of a jealous lovers » est sortie ça a attiré l'attention de pas mal de gens, plus que l'on ne croyait. La DFA n'avait pas le temps d'établir ses bases, il n'y avait que le nom.
Et puis on a eu des propositions de gros Label, nous promettant de l'argent et pleins d'autres choses. Mais ils ne voulaient pas faire un deal avec le Label entier, comprenant LCD et les autres membres, les majors ne voulaient que nous. Donc, on a beaucoup parlé et le CD n'ai sorti qu'un an après sur une Major. Eux aussi ont d'ailleurs fait un deal avec une Major, tout cela a pris du temps pour se mettre en place.
Z : Le dernier concert que vous avez fait sur Lyon était ici, au Ninkasi Kao…
L : Euh….
Z : Tu t'en rappelles …?
L : Euh... (Rire), si vaguement, je me rappelle surtout de la fête qui a suivi et du public (rire).
Z : Et alors le public français, tu peux nous en dire deux mots ?
L : Et bien, j'aime beaucoup jouer en France, ma femme est française d'ailleurs, elle vient d' Avignon, donc venir en France, c'est toujours plus sympa pour moi que d'aller en Allemagne ou même en Angleterre. J'aime bien être ici, mais je ne suis pas objectif (rire).
Z : Merci
L : Merci à vous les gars.
Titre choisi qui pourrait le représenter lui ou sa musique : Nirvana / "Smells like teen spirits"





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