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Maczde Carpate - Interview le 5/12/2006 (Lyon)
jeudi 28 décembre 2006 / 11:53
10 ans d'existence et environs 300 concerts en France et à l'étranger, nous rencontrons le groupe de rock Grenoblois Maczde Carpate au Ninkasi Kao pour le Périscope Tour.
Z : Le nom Maczde Carpate ?
Ce qu'on aime bien, c'est les lettres qui le composent, les sons que ça éveille.Ca évoque pas grand chose à part la chaîne de montagnes des Carpates, c'est ce qui nous a plu, ça définit bien ce qu'on est au final.
Z : Vos débuts ?
Ce sont des longs débuts, c'est début 96, et c'est à partir de 2000, 2002 qu'on a vraiment enclenché la professionnalisation de la démarche. En fait à la base le groupe on l'a monté à Chambéry, même si c'est dans la région Rhône Alpes, musicalementc'est assez en dehors de tout par rapport à beaucoup d'autres départements donc on a fait notre musique dans notre coin pendant des années mais par contre on a toujours sauté sur des occasions d'aller jouer dans la région ou autre..
Et puis on est passé des cafés concerts à des premières parties et des festivals régionaux.On a enregistré un premier album et à partir de là, on a essayé d'intégrer des réseaux..Après on a enregistré un deuxième album avec Sony music qui nous a permis de faire beaucoup plus de concerts.
Et depuis deux ans, on est passé au troisième album qui est sorti le 25 septembre dernier avec lequel on est revenu sur un label indépendant qui nous correspond mieux et on a cherché à jouer à l'étranger..
Z : Pourquoi être revenu vers un label indépendant ?
Parce que les majors de la musique font un très bon travail avec un certain style de musique.
C'est pas caricatural de dire ça, ils savent travailler avec du lourd, du gros marketing et donc ça doit être une musique formatée en conséquence. Ils ont complètement oublié ou jamais su faire un travail de terrain qui correspond plus à un groupe comme nous. On a jamais eu et il y a très peu de chance qu'on ait accès à du gros média donc du coup ce qui nous intéresse c'est tout ce qui se passe au niveau des concerts.
Z : Des enregistrements en live sur le troisième album ?
C'est pas un live total : les instrus en live et puis après d'autres petits trucs et les voix qui ont été montées après pour être vraiment au plus près de ce que ça donne en concert.
Z : Le choix du Périscope tour ?
C'est une invitation, car à la base ils ne s'occupent pas de nous, que de Rhesus et Kaolin. On a trouvé ça très bien car ça fait juste deux mois qu'on a sorti notre album. C'est une invitation à laquelle on a répondu présent, on regrette pas.
Z : La tournée se passe bien ?
Ca se passe bien, on a pas mal de monde tous les soirs, humainement ça se passe bien. C'est intéressant car on a un public commun qui a une base rock mais c'est trois groupes bien différents, avec chacun leur style et du coup le public des uns découvre la musique des autres.. c'est un brassage et ça nous donne accès à un public qui ne nous aurait pas découvert de sa propre volonté, ça fait du bien de générer des choses. C'est moins éprouvant physiquement que ce qu'on attendait. Le maximum qu'on faisait c'est quatre ou cinq d'affilée, quinze concerts en dix sept jours... mais ça se passe bien.
Z : Et la contestation dans vos paroles ?
Cette musique est devenue contestataire aux yeux de beaucoup de gens mais c'est vraiment pas parti comme ça.
A part quelques groupes ou chanteurs qui le font très bien, moi la musique engagée, je trouve ça racoleur, démagogue...et assez naze en terme d'esthétisme. C'est très facile à faire, ça enfonce des portes ouvertes : dire qu'il ne faut pas voter Le Pen, qu'il faut légaliser la gandja devant un public qui est convaincu à l'avance ..mais le fait qu'il y ait eu depuis le début un parti pris un peu plus impressionniste dans les textes de Benjamin vient un peu comme viennent des notes de guitare. C'est des sonorités, des impressions qui vont former un texte, il y a un fil conducteur qui n'est pas forcément conscient depuis le début, c'est pour cela que ça nous place à part, on est un peu abstrait ou autre, mais vu qu'on a toujours bossé entre nous et qu'on a jamais fait de concession sur cette approche de la musique parce qu'on prend notre plaisir comme ça en n'essayant pas de rentrer dans des cases, du coup on est apparus comme un groupe contestataire ou engagé.
Mais parfois en tant qu'individu, on a bien des idées arrêtées sur beaucoup de sujets de société mais c'est en filigrane dans notre musique mis a part deux ou trois incursions..
C'est pas le but premier, y'a un message par rapport à quelque chose qu'on n' aime pas ou qu'on aime bien, on cherche à sortir ce qu'il y a dans nos tripes, ce qu'on a envie d'exprimer après il n'y a pas « on va faire comme si » ou « comme ça », on laisse sortir et on travaille ce qui sort mais donc voilà on peut être contestataire sur certains textes mais le but c'est pas de l'être à tout prix.
Moi, je conçois plus notre musique comme un carburant pour les gens qui ont envie de contester, de s'engager car vu qu'il y a ces textes, cette musique, ces sensations, et puis l'énergie qu'on essaie de donner en concert c'est vraiment l'occasion pour chacun de se recharger et c'est beaucoup plus efficace et moins prétentieux de concevoir les choses comme ça plutôt que de se dire voilà la personne qui va écouter ma chanson va tout changer dans sa vie... ça j'y crois pas trop.Et bizarrement ça fonctionne, parce qu'avec les gens qu'on rencontre et qui reviennent voir, on sent que ça se passe un peu comme ça.Ca fait vachement plaisir.
Z : Vous vous donnez à fond au public ?
C'est fondamental, c'est un carburant pour nous en fait.
S'il ne se passe rien par rapport aux gens, il n'y a pas de plaisir, certes le plaisir de jouer mais si on le fait quinze fois de suite, il faut qu'on envoie quelque chose que les gens nous renvoient et que ça soit différent, il faut qu'on crée une émulation chaque soir au niveau de nous et notre public. Vu que nous on est différent chaque soir et que les gens ne sont jamais les mêmes, ceux qui étaient venus se mélangent avec les autres, c'est un moment unique, dans un lieu unique et à un moment T et qu'est ce qu'on peut faire et du coup, on profite, on a quarante cinq minutes dédiées à ces personnes qui sont là..
Ce qui est terrible c'est de passer à coté, le fait de se consacrer à la musique s'y être investi pendant des années pour en faire à temps plein, c'est beaucoup de sacrifices, de difficultés, de doutes qui ne disparaissent jamais. ²Alors si on rate une occasion lors d'un concert de ne pas faire réagir le public, c'est triste.
Z : Le format 45 min ?
Au début, on pensait que ça allait être un peu chiant.
On a des morceaux assez variés sur 3 albums, et comme on a envie de bien présenter notre panel musical...avant on jouait dans des petites salles où le set était d'une heure et quart, ces quarante cinq minutes nous ont fait vachement de bien. Ca nous a recentrés sur l'essentiel de nos morceaux et l'envie de choisir sur quel morceau on a envie de jouer ce soir, le but est que ce soit quarante cinq minutes intenses. En plus on ne joue pas devant notre public et c'est pas nous qui ramenons le plus de gens.On donne tout.
Z : Vos projets ?
Continuer à tourner. Ce genre de tournée coûte très cher.. donc on va passer à un format plus réduit. On va retourner au Québec cet été et dans les pays d'ex-Yougoslavie, une destination qui est devenue plus régulière pour nous. Et inviter un groupe hongrois et on ira en Hongrie.
C'est axé tournée, et partager des choses avec nos musiciens.
Z : Le dernier album ?
Le tiers vient d'impros, on tri et on remanie des thèmes, des mots qu'on aime bien.
Et on se laisse du temps, les premiers thèmes de l'album ont 3 ans avant d'être enregistrés, on se concerte des fois, on n'est pas d'accord alors on prend le temps de la réflexion..Et quand c'est terminé, on les joue régulièrement, on essaie de partir du live, on a presque mis trop de temps à le préparer mais on en est très content, on est presque arrivé à faire un truc homogène. Au début on ne voyait que les défauts mais en revenant dessus, on le redécouvre.. On est bien content de ce disque.
Z : La distribution ?
Il y a une très bonne distribution mais on s'est pas fait un plan sur la comète. On sait pertinemment que si on fait pas de matraquage ou 130 concerts par an, ou des passages fréquents en radio, c'est pas ça qui va faire décoller les ventes. Il est là, pour l'instant on n'a pas de retour, ça veut dire que pour l'instant, il est en place mais on sait que ça restera confidentiel. Nous ce qui nous apporte c'est qu'on ait une existence reconnue et que ça génère un peu de public.
Titre d'un artiste ou groupe qui pourrait représenter leur musique : Hope in hell - The Desert Sessions



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