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Siméo - Interview le 1/12/2006 (Lyon)
jeudi 28 décembre 2006 / 11:48
ZYVA : comment appréhendes-tu la scène et le studio ?
Simeo : Pour moi c'est deux travaux complètement différents, le principe de l'album, c'est que tu graves à un instant T ton travail, donc t'es obligé d'avoir un certain format, le nombre de chansons par exemple. Le studio c'est une énergie particulière qui s'étale sur beaucoup de temps, donc tu as le temps de le rendre mature, de le laisser s'installer, alors que la scène c'est un travail d'urgence et il y a plus un coté spontané. La scène c'est tous les trois jours pour moi en ce moment, et je peux tout changer à chaque fois si je veux, ça me laisse donc pas mal de liberté et je trouve ça intéressant de pouvoir réinterpréter les chansons.
Z : Comment se passe la scène et tes collaborations sur scène ?
S : Oui on a eu la chance de rencontrer beaucoup de monde depuis le début du projet (il y a 3 ans), et du coup ça débouche sur de belles rencontres et la possibilité de faire plusieurs dates avec tel ou tel artiste. Moi la scène c'est ce qui me fait vivre, c'est ce que j'aime et c'est ce que j'ai toujours voulu faire.
Z : Quelles sont tes influences ?
S : Le reggae est quelque chose qui imprègne vraiment ma musique, parce que c'est quelque chose que j'ai beaucoup écouté, mais il y a plein d'autres choses depuis des années dans ce que je fais : ça va de Bashung, Brel, Arno pour les francophones classiques, puis il y a toute la scène française plus moderne que j'adore avec des Mathieu Boogaerts, des M, Camille, Emilie Simon, et puis après il y a d'autres choses, des trucs de Jazz, j'adore aussi Devendra Banhart, Cocorosie, toute cette nouvelle scène folk.
Z : Comment tu fonctionnes au niveau de la composition ?
S : Je fais de plus en plus une recherche sur le son, j'essaie d'extirper des sons d'objets, de choses, d'instruments mais maniés différemment. C'est intéressant car il y a beaucoup de gens qui font ce même travail sur le son, donc ça évolue pas mal au niveau du matériel par exemple.
Z : Comment tu gères tous ces instruments seul sur scène ?
S : C'est assez compliqué, c'est sûr mais il y a eu un gros travail de mise en place de l'outil (les loop) et du son en amont, car je fais du traitement en live des sons mais avec des repères que j'ai fixés avant. Il y a une grosse mise en place qu'on a travaillée avant notamment grâce à des résidences au Ninkasi, au Brise glace, à La Tannerie…Ca fait 1 an et demi qu'on travaille avec ce système de boucle et c'est beaucoup de travail. Mais bon après je ne recherche pas la performance technique en live, j'ai donc dû beaucoup travailler la technique avant, pour qu'une fois sur scène ça passe naturellement. Après de plus en plus de gens utilisent les loop, mais tout le monde l'utilise différemment, le but étant de s'en servir comme un instrument, c'est un outil qui va devenir un instrument. Le juste milieu est difficile à trouver, mais il faut essayer que ça soit le plus fluide possible, mais pour moi la boucle c'est juste un outil et le plus important doit rester ma musique.
Z : Comment tu travailles ta musique ?
S : j'ai pas vraiment de règles, j'écris tout le temps car on est souvent sur la route et que c'est facile d'avoir un carnet sur soi et d'écrire, après la musique c'est plus difficile car j'ai pas le bagage technique me permettant d'écrire la musique sans l'entendre. L'idéal c'est de pouvoir bosser en studio, comme ça tu peux enregistrer direct ta musique et ton texte et donc ça dénature pas la mélodie, car quand tu prends trop de temps tu te compliques la vie.
Pour revenir à cet album j'ai tout fait, les instruments, les voix, j'ai tout écrit mais je travaille avec mon ingénieur du son qui a un studio. Sur le premier album il y avait eu plein de musiciens, d'invités et puis peut être que sur le prochain il y aura des invités je sais pas encore. Celui-ci je l'ai fait tout seul car je voulais vraiment quelque chose qui me ressemblait à ce moment là.
Z : T'improvises un peu sur scène ?
S : Oui parfois, j'ai un squelette sur les morceaux et après je peux dévier, je contrôle tout sur scène donc du coup je peux vraiment faire comme j'ai envie de le faire et je peux moduler en fonction du public, mais je ne vais pas non plus me plier à ses envies car je suis là pour présenter mon travail.
Z : Comment s'est passé une première partie assez rock comme Dionysos ?
S : Très bien, car en fait on a un truc assez particulier que les gens ne sont pas habitués à voir, ça nous permet de s'adapter à tous les publics. Dans l'ensemble, la tournée s'est très bien passée, on a rencontré des succès aussi bien en première partie de groupes de Reggae comme K2R Riddim et à la fois en première partie de groupes plus chanson comme Emilie l'oiseau ou Boogaerts, d'autres trucs plus rock comme Dionysos. Moi, que je joue en première partie ou en tête d'affiche je donne la même énergie, donc du coup les gens sont agréablement surpris de voir une première partie où il y a de l'amour.
Puis en ce moment je suis en période de transition, je suis entre la première partie et la tête d'affiche, par exemple on rejoue fin mars en tête d'affiche au Ninkasi Kao, et il commence à y avoir des salles où on fait la tête d'affiche. Cette année là ça va être l'année décisive, car le disque a bien été distribué et bien accueilli par le public.
Z : Et tu fais attention aux critiques ?
S : Pour l'instant les critiques sont assez bonnes, tous les papiers que j'ai lus étaient plutôt bons, après je trouve que certaines personnes n'ont pas pris le temps d'écouter vraiment l'album, du style quand le mec te dit que ce que tu fais ressemble à du Tryo alors que c'est pas du tout le même travail. Après, même si je n'ai pas encore lu de mauvaises critiques sur cet album, il y a toujours des gens qui te disent des saloperies, dans ces gens tu prends ce qu'il y a de bon, les critiques des gens qui sont brillants et qui savent de quoi ils parlent. Apres quand c'est des journalistes frustrés qui te lancent des critiques infondées car ils n'ont pas réussi à faire de la musique et ben tu passes au dessus. L'important est de savoir faire la part des choses, moi je suis pour la critique constructive. Puis finalement les critiques qui font vraiment mal, c'est les vraies critiques.
Z : Et tes projets ?
S : J'ai plein de projets en cours : le projet d'album, du son…j'ai plein de chantiers en cours. Je travaille aussi sur des collaborations, j'essaie de m'ouvrir au monde et de partager. Mais la route prend beaucoup de temps, là on arrive à la fin de la tournée (le 21 décembre) et ça reprend début janvier.
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait représenter ta musique : Devendra Banhart – This Beard Is For Siobhan



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