Elle a dans ses cheveux le blond de son Angleterre natale. Dans sa voix, les influences des chanteuses noires américaines de son enfance. Il ne s’agit pourtant ni de la Galloise Duffy, ni de la junkie Amy. Alice Russell, puisqu’il s’agit d’elle, rénove à sa manière dans son troisième album nommé « Pot of Gold » un style à mi-chemin entre la Soul et le Funk. Un univers pas forcément accrocheur à la première écoute mais qui mérite que l’on s’y penche.
Les influences rétro, visuelles comme musicales, sont présentes mais pas affichées. Bon point. Il ne s’agit pas de profiter de la vague vintage, juste de présenter une musique personnelle, même si la chanteuse avoue volontiers « beaucoup plus d’influences provenant du passsé » que les albums précédents. Le visuel de la pochette est d’ailleurs sobre en allusions : petite robe cintrée sous la poitrine, assise à la table d’un diner-restaurant. C’est tout. Côté musique, la voix est forcément mise en avant, profonde et douce. Elle laisse parfois apercevoir quelques écorchures, sans en jouer. Le cor et la basse l’appuient, les synthétiseurs et les cymbales la subliment. On pense parfois aux Supremes de la Motown pour les arrangements, si l’on s’éloigne de leurs plus gros succès commerciaux. Les morceaux les plus représentatifs de l’ambiance générale de l’album sont sans doute l’entrainant Turn and Run et le doux Let Us Be Loving (dont le clip est à voir pour les références seventies et à écouter pour la version revue et corrigée du titre). En interview, la belle évoque Al Green et Aretha Franklin, la musique Gospel et la Funk mais aussi le Punk et l’Electro, le Folk et le Hip-hop. Ces différents styles s’expriment surtout dans les reprises qu’elle fait régulièrement, en studio ou sur scène. Dans cet album, c’est le titre Crazy des Gnarls Barkley qui se retrouve dans ses filets. Le résultat est sublime. Rien que ça. Un peu trop peut-être puisqu’il semble faire de l’ombre à cette fin d’album qui, en comparaison, bat un peu de l’aile. Dommage.
Pour se consoler de cet fin en demi-teinte, on retiendra le titre Lights Went Out et ses envolées finales ainsi que le fameux Crazy. Et pourquoi pas écouter sa version Soul du mythique Seven Nation Army.